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La Bibliothèque malgache a fait peau neuve.
Vous retrouverez d'ailleurs la forme ancienne du site et son contenu en suivant ce lien.
Ici s'installent des collections diverses, à Madagascar et au-delà des rivages.
Les titres de la nouvelle Bibliothèque malgache numérique sont disponibles en différents formats dans les librairies.
C'est-à-dire qu'ils sont payants, mais à des prix très serrés.

Août 2015

Rimbaud

Grande itinérante, femme indépendante, Ida Pfeiffer est une pionnière du récit de voyage. Cette Autrichienne, née à Vienne en 1797, a accompli deux fois le tour du monde et en a fait la relation dans des livres à succès, traduits en plusieurs langues.

Elle se met cependant en route tardivement. Avant de partir, il a fallu se libérer d’un mariage qui ne lui convenait pas. Quand elle dirige ses pas vers Constantinople et Jérusalem, elle a presque quarante-cinq ans. Mais, dès lors, rien ne l’arrêtera plus. Il lui reste une quinzaine d’années, et le monde est vaste.

Courant du nord au sud et d’est en ouest, elle a cependant manqué Madagascar. Elle embarque donc de nouveau en mai 1856. Au passage à Paris, les membres de la Société de Géographie tentent de la décourager. Madagascar ? Les circonstances ne s’y prêtent pas, la guerre s’annonce car la France se prépare, déjà, à la conquête de l’île.

Rien n’y fait. Il y aura bien quelques détours mais, dans les derniers jours d’avril ou au début de mai 1857, près d’un an après le début de son voyage, elle est à Tamatave. Puis à Tananarive, où elle fréquente Messieurs Lambert, grâce à qui elle a pu atteindre son but, et Laborde. Ce qui se fait de mieux, à proximité du pouvoir, en matière d’Européens.

Mais, en raison précisément de cette proximité du pouvoir, les intrigues deviennent complots. Ida Pfeiffer se trouve bien malgré elle entraînée dans une page agitée de Madagascar, sur laquelle elle offre un témoignage de première main.

Elle paiera ce voyage, son dernier, de sa vie. Il est probable en effet qu’elle a contracté, lors du trajet entre Tananarive et Tamatave effectué dans des conditions difficiles après avoir été expulsée en même temps que d’autres Européens, la maladie dont elle mourra après son retour à Vienne, en octobre 1858.

Son fils Oscar publiera donc l’ultime récit de voyage écrit par Ida Pfeiffer en forme d’hommage posthume à une audacieuse aventurière.

2,99 euros

Juillet 2015

Rimbaud

Faut-il être rimbaldolâtre, selon l’appellation de Jean-Michel Djian (Les rimbaldolâtres, Grasset, 2015), pour exhumer un texte d’Isabelle, sœur d’Arthur, où il n’est quasiment pas question de celui-ci ? Nommé trois fois au passage, c’est tout. Arthur Rimbaud est mort depuis plus de vingt ans quand Isabelle, en août 1914, se trouve placée devant le danger : la guerre est déclarée et elle se trouve, avec son mari, à Roche, en Ardenne, très près, trop près d’un front qui ne tarde pas à se constituer.

En cinq livraisons du Mercure de France, de juillet à septembre 1916, elle donne les souvenirs de son exode. Dans les remous de la bataille a été publié en volume l’année suivante, celle de sa mort, traduit en anglais en 1918 et complété de passages censurés (nous les reproduisons entre crochets et en italiques) dans un volume de Reliques paru en 1921. Depuis, ce texte semble ne pas avoir été réédité. Nous n’en avons du moins pas trouvé d’autre trace plus tard. Il était temps de rendre accessible ce qu’André Salmon pensait être « l’un des plus beaux livres de guerre », ajoutant : « et qu’on ne cite jamais. »

Certes, ce ne serait pas l’avis du chroniqueur qui rendit compte de l’ouvrage dans la Revue Militaire suisse. Il ne comprend pas en effet comment on peut s’intéresser « à Nelly, à Émilie, à Hélène, ou même à la bronchite de Pierre, alors que nous ignorons ces personnages, que nous savons d’eux seulement leurs hésitations à agir ». Il ne voit que de rares passages à sauver : « Ici et là, quelques lignes décrivent de façon vivante un convoi d’émigrés, une entrée de troupes françaises à Reims. »

Bien sûr, s’il cherchait des récits de bataille et une vision stratégique, ce lecteur est resté sur sa faim. Louis des Brandes, dans Études, perçoit l’ouvrage tout autrement : « Ce qui est vraiment neuf, dans ce volume, et rendu avec une simplicité pleine de force, c’est le récit des jours tragiques qui précédèrent et suivirent, à Reims, la victoire de la Marne. » Il y trouve des pages viriles et, s’il déplore le passage de la censure, il conclut avec enthousiasme : « Ce petit volume l’emporte de beaucoup sur la plupart des ouvrages similaires : c’est un document rédigé par un témoin dont les convictions profondes non seulement n’altèrent en rien, mais aiguisent la lucidité. »

Les « convictions profondes » auxquelles il est fait allusion rapprochent, il est vrai, l’auteur de l’article  et Isabelle Rimbaud dans une foi chrétienne commune.

S’il faut trancher, sans les réconcilier, entre l’odeur de la poudre et celle de l’encens, on laissera le dernier mot au rédacteur anonyme d’un article qui suivit de peu, le 1er mai 1917 dans La Nouvelle Revue, la publication de l’ouvrage :

« Madame Isabelle Rimbaud nous apporte le récit le plus intéressant, le plus sincère, le plus vrai qui ait, jusqu’à ce jour, paru sur les tragiques événements d’août-septembre 1914 ; récit entièrement digne, par la simplicité et l’élévation de la pensée et de la forme, du nom que porte la sœur du grand poète Arthur Rimbaud.

« Bien que cet ouvrage affecte la forme d’un journal, il ne s’en construit pas moins selon la courbe et le rythme d’une œuvre de premier ordre ayant pour centre et principal personnage la cathédrale de Reims. Madame Rimbaud a vécu, comme elle le dit elle-même, dans les remous de la bataille. La guerre la trouve dans les Ardennes d’abord, et l’entraîne avec nos armées en retraite. À Reims elle voit passer le flux puis le reflux de l’invasion, et c’est la joie du retour de nos troupes, vite balayée par les terreurs du bombardement. Le sacrilège enfin se déchaîne ; la cathédrale, dont la beauté domine le livre comme la ville, est blessée à mort.

« D’un bout à l’autre de ce livre, les impressions et les visions sont notées dans un style très simple, très pur, très net, qui atteint parfois tout naturellement le ton de l’épopée. Le lecteur est saisi, se passionne, halète devant ces tableaux inoubliables du drame sans précédent qui fait trembler la Terre. »

1,99 euros

Juin 2015

Magascar1914Baillon ayant été aussi journaliste, vient de nous donner: Par fil spécial. Un beau sujet! C’était amusant de le chiper à Pierre Hamp, et de le traiter comme Pierre Hamp ne le traitera jamais. Pierre Hamp aurait tout dit sur la matière, et y aurait ajouté quelque chose. Baillon ne dit que ce qu’il a vu, comme il l’a vu, et ne dit pas tout, et, ma foi! n’a pas l’air d’ajouter, d’inventer quoi que ce soit… Baillon, journaliste, a fait un livre charmant sur le journalisme, une histoire de servitude gaiement comprise, l’histoire de Baillon qui échappe facilement à la servitude par une poétique philosophie. Oui, mais Baillon n’a pas tout dit, loin de là. Et ce qu’il tait, c’est la raison pour laquelle on fabrique si mal un journal. Mon ami Baillon, vous avez bien de la chance d’aimer en psychologue et de travailler en poète: vous, si malin, vous manquez un peu de méchanceté… Nous vous aimons, vous vous amusez fort, vous êtes un merveilleux peintre de vie, nous sommes contents de vous, mais non tout satisfaits. (Parijanine, L’Humanité, dimanche 30 mars 1924.)

1,99 euros

Sainte-Beuve_BalzacC’est un drame rustique, farouche, émouvant, complexe, dont les personnages luttent et crient, et tuent pour l’honneur, pour l’argent, pour la terre surtout qui semble s’animer et devenir une vivante héroïne; tout cela est d’une intensité, d’une vigueur extraordinaires. À travers tout le livre il passe comme un large souffle, une senteur âpre et forte de nature et de vérité, et je ne crois pas que M. Camille Lemonnier ait rien écrit de plus poignant et de plus fort… (Ph.-Emmanuel Glaser, Le Figaro, dimanche 9 décembre 1906.)

1,99 euros

Ohnet_5« Le torpillage du Lusitania est un acte imbécile. Il rentre dans la catégorie des gestes brutaux et inutiles qui déclassent ceux qui les commettent. Il y a des mots que certaines bouches ne doivent pas faire entendre, des mouvements que certains personnages ne peuvent pas se permettre sans s’avilir ou se ravaler.

Pour une nation, l’attentat féroce et inepte que constitue le torpillage de ce transport équivaut à une dégradation. Il est lamentable que l’Allemagne ne l’ait pas senti. Ce qui est surtout grave, c’est qu’elle n’ait pas eu la compréhension de l’infamie qu’elle commettait. »

1,99 euros

Ohnet_6

Le trésor du capitaine William Kidd aurait été en partie retrouvé en mai 2015 par l'archéologue américain Barry Clifford et son équipe dans les eaux de Sainte-Marie, à Madagascar. La nouvelle a fait grand bruit, à hauteur de la réputation qui fut celle de l'homme exécuté à Londres par pendaison en 1701 après sa condamnation pour meurtre et piraterie.

L'écrivain américain Washington Irving (1783-1859) a utilisé le personnage de Kidd dans Tales of a Traveller, une suite d'essais et de nouvelles publiée en 1824 sous le pseudonyme de Geoffrey Crayon et traduite en français l'année suivante.

Les trois nouvelles réunies ici – encore la première a-t-elle plutôt la forme d'un bref essai – montrent la place occupée par William Kidd dans l'imaginaire américain de l'époque, une vingtaine d’années après sa mort.

1,99 euros

Mai 2015

Magascar1914Cette compilation d’articles donne la parole aux seuls colons et, parfois, aux politiciens qui les représentent (ou croient les représenter) en France métropolitaine. On ne s’étonnera donc pas de rencontrer souvent des avis aussi péremptoires que négatifs à propos des Malgaches, d’ailleurs nommés habituellement les "indigènes". Une seule exception, mais notable : La Dépêche malgache, journal créé à Tamatave (nous utilisons les appellations françaises des villes et, pour les noms malgaches, c’est au petit bonheur la chance, comme dans les textes originaux) en octobre, introduit dès son premier numéro une chronique piquante censée être écrite par un tireur de pousse-pousse qui y livre des réflexions en complet décalage avec la tonalité générale de la presse.

6,99 euros

Sainte-Beuve_BalzacEn septembre 1839, Sainte-Beuve publie dans la Revue des Deux Mondes un article qui n’a pas fini de faire parler de lui tant il semble avoir été écrit pour notre époque où la confusion la plus totale règne entre l’auteur, ses livres, sa notoriété, ses frasques, et mettez tout cela dans le désordre vous obtiendrez une image certes peu claire mais assez ressemblante de l’état de la librairie, au sens large. De la littérature industrielle occupe dix-sept pages de la Revue. Il répond à une lettre que Balzac avait publiée le 18 août dans La Presse.

Nous donnons en annexe la lettre, rarement jointe dans ce contexte, car sur elle reposent bien des arguments de Sainte-Beuve. Il déborde cependant d'une simple réponse. Le critique se plaint de ce qu’on écrit trop, et trop mal, sans se soucier de faire œuvre. Et les journaux qui acceptent les annonces payantes pour les nouveautés font naître le soupçon sur leurs articles littéraires, si bien qu’à la fin, au lieu de prospérer, le commerce du livre s’étiole puisque les lecteurs n’ont plus confiance dans la qualité de ce qu’ils achètent. La littérature industrielle est, selon Sainte-Beuve, un mal qu’il est nécessaire de contenir dans des proportions raisonnables, tâche difficile dans la mesure où tout semble fait pour qu’elle prenne le dessus.

On se croirait presque deux siècles plus tard. Sinon qu’on cherche le Sainte-Beuve d’aujourd’hui.

0,99 euros

Ohnet_5« L’affaire de Cuxhaven est une belle revanche prise par les Anglais de l’insulte de leurs côtes et du bombardement de Scarborough. Hambourg en a tremblé. Et ce n’est pas fini. Le raid des croiseurs, des submersibles et des hydroplanes est le premier essai d’une stratégie aéro-maritime qui ne peut que se développer d’une façon extrêmement intéressante. La flotte allemande, à l’ancre, au fond des baies fortifiées et dans le canal de Kiel, se croyait bien en sûreté. Brusquement elle vient d’apprendre qu’elle pouvait être attaquée. Sir Winston Churchill l’avait bien dit : Le dogue anglais ira, s’il le faut, chercher le rat allemand jusqu’au fond de ses trous. L’exécution a suivi de près la menace. Et les navires, les aéroplanes, les Zeppelins, tout ce qui dormait, attendant le moment de s’employer, a été réveillé par un coup de tonnerre. »

1,99 euros

Ohnet_6« Nos soldats auront la croix du mérite militaire. Elle leur était due pour leur endurance et leur courage. Mais cela ne suffit pas. Il conviendrait que cette croix du mérite militaire ne fût pas réservée qu’aux soldats et que les chefs pussent aussi la porter. Il faudrait alors créer des grades. Et, petit à petit, nous arriverions à cette distinction, entre les croix civiles et les croix militaires, qui est absolument nécessaire pour le temps de paix, et bien plus encore pour le temps de guerre. Il était déjà passablement choquant, autrefois, de rencontrer des négociants, des industriels, ayant à la boutonnière des rosettes de la Légion d’honneur, quand des généraux, ayant fait campagne, n’étaient encore que chevaliers. »

1,99 euros

Avril 2015

   

Au moment où no comment® éditions réédite, sur papier, Roman Vrac, premier roman de Jean-Claude Mouyon, la Bibliothèque malgache reprend les quatre fictions d'un écrivain pour qui le grand Sud de Madagascar était non seulement un lieu de vie mais aussi - et surtout - une source d'inspiration. Auteur de pièces de théâtre et radiophoniques, Jean-Claude Mouyon a été journaliste et s'est consacré à l’écriture dans le sud-ouest de Madagascar où il avait posé son sac. Il est mort le 22 décembre 2011.

Roman Vrac - Il faut les voir ces perdus de l’existence, Tai Be, l’Archi, LR, Caca Citron, le narrateur et tant d’autres… les voir pour croire en leur destinée au fin fond de nulle-part-sur-rien dans le sud squelettique de Madagascar. En prise directe avec le quotidien de leurs amis autochtones et la réalité abrupte d’un pays à la fois magique et désespérant. Une relation passionnelle. Ces trois courts romans réunis sous le titre générique de Roman Vrac, drôles, mordants, tragiques, reflètent les affres mais aussi les joies que connaissent les étrangers du monde entier. Et comme dit l'autre, si on n'est pas entrés dans l'histoire on reste becs et ongles bien ancrés dans la vie. Et qu'on se marre!

Beko ou La nuit du Grand Homme - Pratiqué dans les régions Sud de Madagascar, le beko est un chant polyphonique a capella généralement interprété par un groupe d’hommes, nommés sahiry, composé d’un récitant et de choristes. Perpétué depuis la nuit des temps par les ethnies du Grand Sud, le beko fait résonner sa litanie répétitive et gutturale durant les nuits où amis et famille du défunt sont réunis devant des feux et des bassines de rhum pour accompagner l’esprit du mort dans sa marche vers l’Est, là où vivent les ancêtres. Beko, le roman, n’est en rien une explication ethnologique du culte des ancêtres mais l’appropriation d’un fait social et culturel qui m’a permis de bâtir une fiction à partir de la structure rythmique et narrative d’une cérémonie revisitée en présence de ses acteurs : Grand Homme, le défunt ; les sahiry ; les vivants. Sur le thème d’une histoire policière inspirée d’un fait divers réel, Beko ou La nuit du Grand Homme se veut aussi un chant, une musique à la fois tendre et violente dédiée à l’extrême Sud de Madagascar et aux hommes libres qui y vivent, ceux qui souffrent mais ne pleurent jamais. (Jean-Claude Mouyon)

Carrefour - Carrefour est un livre bref, mais sa petite centaine de pages est bourrée de dynamite. Il se passe au cœur du cœur d'une ville dont le nom n'est pas donné (mais il est sur toutes les lèvres), c'est-à-dire près d'une gare routière, à la fin d'une route nationale que croise une rue plus locale grouillant de vie. Particulièrement ce jour-là, puisque s'y déroulent en même temps la préparation d'une campagne électorale et l'arrivée d'un reggaeman de réputation internationale. Jean-Claude Mouyon lâche les mots au rythme d'une mitrailleuse. Il multiplie les situations improbables. Et son humour fait mouche à chaque page. On sort de Carrefour essoufflé et heureux d'avoir vécu des moments inoubliables. Voici comment l'auteur présente lui-même son texte: Cette histoire je l'ai voulue joyeuse, jouissive, violente, excessive, habitée d'une tendre tristesse proche de la désespérance paradoxalement heureuse d'une population admirable. C'est l'histoire de la vie d'un carrefour sublime sans rond-point ni sens interdit où tout semble permis. Un carrefour fréquenté par des riverains exubérants qu'on n'invitera jamais à celui de l'Odéon ni au rond-point qui mène à l'Élysée. Mais là n'est pas le propos. Quoique… Ici aussi les personnages existent, le pays et les événements également mais ne comptez pas sur moi pour dénoncer qui que ce soit. Ainsi va la vie…

L'Antoine, idiot du Sud - Les trois courts textes qui constituent la trilogie de L’Antoine, idiot du Sud ont pour particularité d’être en apparence inachevés. Disons qu’ici l’auteur s’est amusé à jeter les bases de ce qui aurait pu constituer un seul roman, à jeter des fils et brouiller les pistes pour au final laisser le lecteur face à une œuvre abandonnée à son propre devenir. Un personnage et ses proches. Le Sud. Le quotidien. Trois ingrédients récurrents dans chacune de ces histoires qui sont autant de déclinaisons d’une idée romanesque reposant sur un unique socle. L’idée étant d’en avoir plusieurs et d’en proposer autant… Le concept aurait pu se dérouler à l’infini dans une série intitulée « Les aventures d’Antoine » mais trois longues nouvelles ou trois courts romans, au choix, c’est déjà bien suffisant, non ? Puisse la présence d’Antoine (dit l’idiot du Sud) tisser un lien de complicité avec ses lecteurs lesquels, je crois le savoir, ne sont avares ni de sens de l’humour ni de celui de gravité. Merci. Je vous laisse car Baba vient d’ouvrir. (L'auteur)

6,99 euros le volume

Beko ou La nuit du Grand Homme est disponible en édition papier dans toutes les bonnes librairies de Madagascar

BekoCarrefour et L'Antoine sont disponibles en édition papier, sur commande, chez Lulu

Mars 2015

Ohnet04« Un grand ralentissement s’est produit dans les opérations en Flandre. Les défaites de l’Yser, qui ont coûté si cher aux Allemands, semblent avoir brisé leurs forces. La Belgique est encombrée de blessés, et les morts ont été emportés, la nuit, dans des trains spéciaux. Les corps étaient attachés, par quatre ou cinq, pour être maniés plus facilement. Ils formaient ainsi des bottes de morts, comme des bottes d’asperges, à destination de l’Allemagne. Les survivants de ces massacres sont recrus de fatigue et il a fallu leur accorder un peu de repos, avant de recommencer l’effort qu’on nous promet décisif, chaque fois, pour le lendemain. Et puis, toute l’attention du grand commandement allemand est tendue vers la Pologne, qui est devenue le théâtre principal de la guerre. Notre rôle a été rempli, par nous, avec une admirable conscience. »

1,99 euros

ArrivisteFouiner dans les vieux journaux réserve parfois de jolies surprises. Celle-ci, par exemple : une série d’articles publiée dans L’Aurore à partir du 15 juin 1914, et à peu près jusqu’à l’interruption du quotidien – le numéro du dimanche 2 août 1914 annonce la suspension de la parution en même temps que le départ du directeur, Marcel Brossé, parti rejoindre son corps – il est chef d’escadron du 13e régiment d’artillerie.

Le feuilleton que voici détaille, chapitre après chapitre (courts, les chapitres), toutes les techniques à mettre en œuvre pour connaître le succès. Cent ans plus tard, rien n’a fondamentalement changé même si le contexte a évolué. Rapportés à notre époque, ces conseils ont gardé toute leur saveur. Cette série, intégrée à la rubrique Courrier littéraire, n’est signée que du pseudonyme collectif qui revient au bas de chacune de ces chroniques: Les Routiers.

0,99 euros

Renel_RaceCharles Renel (1870-1925) est resté présent à Madagascar puisqu’une école porte toujours son nom à Mahajanga, sur la côte ouest. Il fut directeur de l’enseignement dans la Grande Île au début du vingtième siècle et a écrit un certain nombre d’ouvrages sur le pays où il avait vécu et travaillé. À côté du plus célèbre, Le décivilisé, citons La coutume des ancêtres, La fille de l’Île Rouge, L’oncle d’Afrique ou La métisse, ainsi que des Contes de Madagascar.

La race inconnue, édité en 1910 chez Grasset, est un recueil de nouvelles qui mêle l’inspiration du conte traditionnel à l’observation de la vie quotidienne des colons français de son époque.

1,99 euros

Renel_CoutumeUn affrontement est au cœur de ce roman : celui qui oppose la tradition et la nouvelle religion importée par les vazaha, le protestantisme. Deux petits villages proches de Tananarive ont fait des choix différents. Et le jeune Ralahy, dont le père possède une idole sacrée, souffre des deux côtés. La première jeune fille avec laquelle il a fait l’expérience de l’amour a été chassée selon la coutume parce qu’elle était stérile – elle vivra ensuite dans la capitale avec un vazaha. La seconde, fille du surveillant du temple dans le village voisin, est empêchée par son père de fréquenter un incroyant. À cette trame sentimentale s’ajoutent des fléaux naturels ou humains ainsi que de multiples péripéties, au cours desquelles Ralahy fera un long voyage vers l’Ouest…

Charles Renel (1870-1925) a été directeur de l’enseignement à Madagascar et a écrit de nombreux livres sur ce pays.

1,99 euros

Février 2015

Ohnet02« Il y a juste cinq mois que nous vivons ces temps tragiques et comme le régisseur d’un théâtre – qui, pour la circonstance, est le théâtre de la guerre – je soulève, un instant, le rideau, et je parle au public. Nous sommes arrivés, dans la mise au jour de ces notes, aux événements qui se produisirent pendant la fin du mois d’octobre. Moment le plus angoissant de cette douloureuse période. Nous avons gagné la bataille de la Marne. Celle de l’Aisne est engagée et se poursuit furieuse. Allons-nous vaincre, ou succomber ? L’Allemagne sera-t-elle comme elle s’en vante : « Au-dessus de tout » ? La France va-t-elle, à coups de canon, la ramener à la modestie ? Heure terrible. Les deux plateaux de la balance oscillent encore. Lequel penchera sous le doigt de la Fortune, vers le triomphe final ? »
1,99 euros
Ohnet03« La bataille de l’Aisne, qui est devenue la bataille de l’Oise, puis la bataille de la Lys, est en train de devenir la bataille de la mer du Nord. À moins de nous mettre à l’eau, pour étendre notre mouvement enveloppant, nous ne pouvons pas aller plus loin. Après avoir canonné, assailli, massacré les Allemands, dans leurs lignes, depuis la Woëvre jusqu’à Albert, sans obtenir d’autres résultats que des tueries effroyables, qui ont à ce point éprouvé l’ennemi que dans les tranchées abandonnées par lui, sous des monceaux de morts, nous avons retrouvé des drapeaux, le commandement français a pris le parti de tourner la droite allemande. »
1,99 euros
GallotAntoine de Baecque, qui connaît L’art de marcher, a donné sous ce titre, en 2013, un ensemble de textes d’Yves Gallot, précédé d’une copieuse préface. L’ouvrage que nous publions, s’il lui ressemble, est néanmoins différent. Il reprend la genèse de ce qui allait devenir, en 1898, L’art de marcher et, en 1909, Souvenirs du célèbre marcheur Gallot.
Tout commence le 20 décembre 1896 dans le Journal des Voyages par un entretien avec l’étonnant marcheur Gallot, présenté comme une sorte de phénomène et qui ne rechigne pas à conter ses exploits. Si bien qu’il est invité à les partager plus largement dans les numéros suivants. Du 27 décembre au 14 février de l’année suivante, les lecteurs de l’hebdomadaire y lisent donc les huit livraisons des Souvenirs d’un marcheur, situés Au-delà des mers comme le précise un surtitre. Il s’agit en effet de ses aventures américaines, et il n’y est pas question que de marcher. Pour faire bonne mesure et à la demande de « nombreux lecteurs » (ils deviendront ses « nombreux amis » dans l’ouvrage publié en 1898), le feuilleton est prolongé par un article intitulé L’art de marcher.
On notera avec un sourire que si, dans le Journal des Voyages, la caution littéraire utilisée par Gallot était Paul de Kock, il utilisera ensuite les exemples plus prestigieux de Victor Hugo et de Jean-Jacques Rousseau.
1,99 euros
RégnierLes écrivains nous séduisent d’abord par leur œuvre. Mais les écrivains nous séduisent aussi par leurs lectures. Parfois parce que leur finesse apporte un éclairage inédit sur d’autres livres. Parfois parce qu’elles remettent en lumière un nom oublié.
Bernard Quiriny, écrivain apprécié pour ses nouvelles et son roman, critique littéraire lucide, a agi en passeur pour rapprocher de nous les textes si lointains d’Henri de Régnier. Henri de Régnier…
Ah ! bien sûr, on se souvient qu’il a existé, puisqu’on a croisé son nom ici ou là, généralement dans un contexte historique qui le tient à bonne distance et épargne le besoin de pénétrer dans son œuvre. Situé en parfait équilibre entre deux siècles – il est né en 1864 et mort en 1936 –, il semble aujourd’hui avoir été un notable des lettres dont les livres sont trop inscrits dans son temps pour avoir encore quelque chose à nous dire.
Et voilà que Bernard Quiriny affirme le contraire. Sans tenter de le hisser à un autre statut que le sien – écrivain mineur, c’est dit et ce n’est pas si péjoratif qu’il y paraît, – il en a fait, dans Monsieur Spleen (Seuil, 2013), non seulement un personnage digne d’intérêt, ce dont on se doutait un peu en raison de la place qui fut la sienne, mais aussi l’auteur de livres qui mériteraient d’être lus.
Que choisir dans l’impressionnante production de l’écrivain ? Bernard Quiriny a pensé à tout : il a désigné le premier ouvrage qui mériterait de revivre. « Le jour où on rééditera Régnier, il faudra commencer par les Histoires incertaines. Le fantastique connaît ces temps-ci un petit retour en grâce, qui s’explique peut-être par les mêmes raisons que sa vogue au XIXe siècle – dégoût du matérialisme, envie de réenchanter le monde, etc. »
Les voici donc à nouveau, ces Histoires incertaines situées, pour deux d’entre elles, à Venise, ville chérie par Henri de Régnier qui a souvent écrit sur elle.
Elles sont pleines d’une rêverie dont l’objet est presque indéterminé.
Elles mettent en scène des collectionneurs, des antiquaires, des érudits dans le décor de maisons anciennes chargées d’un passé mystérieux.
1,99 euros

Janvier 2015

Madagascar en 1913Madagascar dans la presse de 1913, c'est l'histoire d'une colonie racontée par les colons eux-mêmes.
Puisés dans les journaux métropolitains, dans les publications spécialisées ou dans les feuilles locales, les articles provoquent légitimement quelques poussées d'urticaire. Elles sont saines.
Anecdotes de la vie quotidienne, grands débats sur l'avenir de la Grande Île, grogne des uns ou des autres, l'ensemble est un portrait vivant et mouvant, sans commentaires.
6,99 euros
BalzacUne femme doit-elle retrousser sa robe en marchant ?
C’est l’une des questions fondamentales auxquelles Balzac parvient quand il publie, en 1833, sa Théorie de la démarche dans L’Europe littéraire. Il avait eu le projet, finalement avorté, d’intégrer à La Comédie humaine quelques textes qui, pour lui comme pour les spécialistes, sont devenus plutôt des annexes. Il imaginait « quatre ouvrages de morale politique, d’observations scientifiques, de critique railleuse, tout ce qui concernait la vie sociale analysée à fond ». Il a fait mieux que les imaginer, puisqu’il les a écrits, au moins en partie. Outre Théorie de la démarche, il y incluait Traité de la vie élégante et Traité des excitants modernes.
Mais c’est la démarche, ou la marche, qui nous intéresse ici pour ouvrir la collection dédiée à ce mouvement humain. Comment Balzac s’étonne qu’elle n’ait pas été davantage étudiée par les savants, quelle place elle occupe dans la vie sociale, ce qu’il peut en dire par l’observation et la réflexion. Tout cela avec un esprit de sérieux souvent démenti par lui-même : « Ici, je serai toujours entre la toise du savant et le vertige du fou. »
À bon entendeur...
1,99 euros
SpronckDans les entretiens qu’il a donnés à propos de Soumission, son roman paru dans les premiers jours de 2015, Michel Houellebecq reconnaissait volontiers que l’accession au pouvoir d’un parti musulman en France en 2022 était une hypothèse romanesque et peu réaliste.
Maurice Spronck, en 1894, n’envisageait d’ailleurs qu’à beaucoup plus long terme encore la fin de l’Occident tel qu’il le connaissait et que nous le connaissons encore. Sa fiction, L’an 330 de la république, s’ouvre en 2105 de l’ère chrétienne et couvre dix-sept années pendant lesquelles la France passe d’une société utopiste à de nouvelles guerres au terme desquelles l’Islam, entre les mains d’un chef de guerre, prend possession de l’Europe.
« Les barbares ont reconquis le monde. La civilisation est morte. »
Maurice Spronck, avocat né en 1861 et mort en 1921, a poursuivi une vocation d’écrivain et de critique littéraire. Il a collaboré, entre autres, à la Revue des deux mondes, à la Revue bleue, au Journal des Débats... Sa seule incursion, à notre connaissance, sur le terrain de l’imagination, aura été celle-ci et il a fini, comme tant d’autres, dans la politique, élu député de Seine quatre fois successivement en 1902, 1906, 1910 et 1914 et battu en 1919, deux ans avant sa mort.
1,99 euros
Ohnet1Georges Ohnet a écrit, comme beaucoup de ceux qui ont vécu ces années-là, sur la Grande Guerre.
Pourquoi exhumer son Journal d’un bourgeois de Paris pendant la guerre de 1914 ? L'auteur était, de son temps, décrié malgré son succès populaire, ou à cause de lui. Le témoignage du feuilletoniste, ses impressions de guerre, sa logorrhée de commentateur imprécis, tout cela représente malgré tout une pensée assez commune à bien d’autres Parisiens.
Elle tient du Café du Commerce ?
Oui, sans doute. Mais ces «longues» de comptoir nous disent un état d’esprit.
Et celui-ci mérite d’être connu.
1,99 euros
 
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